Auteur de deux pénalités et un drop, Wilkinson a malgré tout perdu pour son retour à Twickenham
Wilkinson était trop seul
Pour son retour sous le maillot du XV de la Rose à Twickenham, Jonny Wilkinson a plutôt réussi son come-back à titre personnel. Mais le collectif anglais était en revanche bien trop friable pour résister à une Australie solide à défaut d'être convaincante. Les Wallabies se rassurent (18-9) après six défaites lors de leurs sept rencontres précédentes, tandis que Martin Johnson, lui, a pu mesurer l'ampleur de sa tâche.Si un Angleterre-Australie a toujours une saveur particulière, ce premier test-match de novembre entre les deux meilleurs ennemis l'était encore plus et ce, en raison d'un seul homme. Mais pas n'importe lequel, puisque Jonny Wilkinson effectuait son retour parmi le XV de la Rose à l'occasion de cette rencontre de prestige, dix-huit mois après sa dernière apparition internationale face à... l'Australie. Un souvenir toujours vivace pour Wilko, qui avait acquis son rang de superstar d'un drop magistral en finale du Mondial 2003 face à ces mêmes Wallabies à Sydney. Mais le héros a peut-être été un peu trop admiré par ses coéquipiers samedi.
Wilkinson, un début trop beau pour être vrai
Dès la 3ème minute, l'ouvreur toulonnais, nullement perturbé par le passage des 17 000 places de Mayol aux 82 000 de l'antre londonien, passe un drop parfait à trente-cinq mètres plein axe. Après un plaquage de Hynes sur Monye (placé à l'arrière pour remplacer Armitage blessé), jugé dangereux par un arbitre tâtillon sur le coup, "Wilko" enchaîne en passant une première pénalité sur la ligne des vingt-deux mètres côté gauche (6-0, 7e). Dans son jardin, Wilkinson est euphorique et manque de peu une nouvelle tentative de pénalité à cinquante mètres, qui échoue sur le poteau gauche (11e).
L'Australie parvient toutefois, petit à petit, à profiter des errances défensives de son adversaire. Genia inscrit plutôt logiquement le premier essai de la partie sur le cinquième temps de jeu d'une longue séquence australienne, suite à une désorganisation générale de la défense britannique (6-5, 21e). Giteau, assez discret par ailleurs, ne transforme pas et Wilkinson peut à nouveau sortir de sa tanière pour passer sa deuxième pénalité sous les poteaux (9-5, 25e).
L'Australie récompensée
Après un début de partie plutôt animé grâce à ce show Wilkinson, le jeu s'appauvrit franchement et la défense anglaise doit s'employer face à la domination globale des Wallabies. Giteau passe sa première pénalité en début de seconde période (9-8, 45e) et les Australiens, dans le dur après leur dernière place au Tri-Nations et six défaites sur leurs sept derniers matches, continuent de faire le jeu. Sur un ballon perdu au pied par Geraghty, Mitchell est tout près de trouver Ashley-Cooper à la course dans l'en-but anglais (54e), avant que Ioane échoue à quelques centimètres de la ligne sur un décalage de Genia (56e). L'essai se rapproche. Avant cela, Bell écroule la mêlée à l'entrée de ses vingt-deux mètres côté droit, une faute qui permet à un Giteau mieux réglé de donner l'avantage aux siens (9-11, 59e). Malgré quelques rares tentatives individuelles, les Anglais manquent d'idées à l'image de cette tentative de drop précipitée et complètement manquée de Wilkinson (65e), symbole que ce match a bien changé de parfum..
A dix minutes de la fin, Ashley-Cooper achève les hommes de Martin Johnson en aplatissant en force dans le coin gauche, malgré le retour de Monye et Cueto (9-18, 71e). Déjà victorieuse l'an passé (28-14), l'Australie va finir par aimer Twickenham. Ses habitués pourraient quant à eux commencer à s'impatienter, vu le travail encore à accomplir.
Le XV de la Rose semble toutefois avoir retrouvé leur pied magique. Un Wilkinson à son meilleur niveau augure forcément tous les espoirs.